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Une frustration ressentie dans mon métier aussi

Posted by admin on 9 avril 2014 in L'école de demain |

A fisheye image of mean teacher yelling and waving a ruler.

 

Les limites de notre préparation au métier

Etre professeur demande une énergie impressionnante.

Faire des fiches de séances, de séquences, de progressions. Nous avons quelques pistes de contenus pratiques, d’activités avec les élèves, mais peu aux vues du panel de matières (français, maths, sciences, TICE, arts…) et des niveaux à assurer (de la maternelle à l’élémentaire) jusqu’à 9, parfois des doubles niveaux ou plus.
Nous sommes peu formés à la gestion de groupe, des profils divers de la difficulté scolaire.
Nous avons certes des personnes ressources, mais la crainte d’être catalogué comme élément à surveiller peut nous enfermer dans le silence, nous isoler. Lors de ma stagérisation, les collègues ayant fait appel à certains profs référents s’en sont mordu les doigts. Pour un début de carrière, cela fige dans le marbre une méfiance de la hiérarchie, un sentiment d’infantilisation, une confiance abimée. Le concours a été tellement âprement gagné, au prix de beaucoup de sacrifice parfois, que mettre en péril la titularisation, prendre le risque de la différer est inconcevable.
2 points importants à repenser :
  • L’accès au métier :
Il devrait revenir à un niveau licence pour permettre une bifurcation de cursus en cas d’échec ou d’incompatibilité après coup.Et surtout un temps de spécialisation de 2 à 3 ans (qui nous mènerait au niveau Master), pour prendre le temps de bien cerner les réels enjeux du métier, avec plus de sérénité. Etre accompagné dans la prise en main de la classe. La méthode actuelle me fait l’effet de l’enfant qu’on jette à l’eau pour lui apprendre à nager.
Pouvoir pendant au moins une année scolaire suivre différents niveaux de classes (sur les 3 cycles, 1 jour par cycle par exemple) dans la classe à assister, observer l’enseignant. Du concret sans enjeux au départ. Ainsi, le jeune professeur cerne le quotidien, période après période, décante, observe, questionne, participe, prend de l’assurance, se compile une approche personnalisée. Il pourrait aussi être responsabilisé en dédoublement de groupe, prendre en main progressivement certains apprentissages en accord avec le titulaire de la classe.
Il n’est pas encore professeur, il est assistant de la classe. L’année pourrait être validée par un porte-folio, des recherches sur la pratique de classe, un angle de la pratique à approfondir.
La seconde année se baserait sur une plus grande prise en main de la classe, une journée par cycle sur une période, ou un stage sur 3 semaines… Des stages sur 3 à 4 niveaux de classe. Un mémoire à rendre qui mêlerait pratique et positionnement personnel.
Avec ce type de formation, l’enseignant serait mieux préparé, les élèves seraient mieux pris en charge. Les jeunes professeurs qui débarquent dans la classe doivent faire leur main sur les élèves, cela donne actuellement des malaises d’un côté comme de l’autre.
  • L’accompagnement :
Repenser le tutorat. Etre professeur c’est se transformer, devenir un guide d’apprentissage, avoir une approche du monde, gérer de l’humain, du citoyen en devenir. Notre impact sur les enfants est à mettre en lumière.
Il faut impérativement poser comme préalable à la titularisation le questionnement « philosophique », personnel de l’adulte qui s’engage à prendre en charge des apprenants.
Cet adulte doit se poser les bonnes questions pour lui-même, pour l’administration, pour le public qu’il côtoie (enfants/parents…).
Qui-suis-je ? Qu’ai-je à proposer ? Comment je me perçois dans le monde ? Comment je me positionne dans l’adversité ? Comment je m’investis dans le métier ? Comment j’équilibre le métier et la vie privée (métier chronophage), la santé (métier potentiellement fatigant, stressant, usant…) ? Quelle capacité ai-je à me remettre en question?
S’ancrer dans la réalité du métier, dans ses satisfactions comme dans ses difficultés. Bénéficier d’un accompagnement de type coaching, pour ceux qui en éprouve le besoin. Proposer des ressources pour se rebooster, pour s’épauler, repenser la relation à l’autre.
Le développement personnel permet d’aborder le métier avec plus de sérénité. Comprendre ses besoins, ses limites, ses ressources, sa relation à l’Autre, au monde, c’est pouvoir se poser, réfléchir à ce qui se passe (en nous et e dehors de nous), sortir de la course effrénée, mieux gérer les épreuves, faire des liens, s’adapter. C’est primordial pour tous les aspects de la vie, ça l’est donc aussi et de surcroît dans la préparation à l’éducation des élèves. Ce qui ressurgira ensuite dans les apprentissages du futur citoyen du monde qu’est l’élève dont nous avons la charge.
Co-créons l’école de demain.

 

 

 

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