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Des musiques pour apprendre

Posted by admin on 3 juin 2014 in Bien apprendre |

cerveau musique

Dans son passionnant ouvrage, « Au bon plaisir d’apprendre » (InterEditions),  Bruno Hourst explique de façon à la fois simple et précise l’ensemble des facteurs qui fondent nos capacités d’apprentissage.  Je lui emprunte certains apports, relatifs  à l’influence que certaines musiques peuvent avoir en la matière.

Bruno Hourst rappelle que le cerveau travaille sur différentes fréquences, selon les activités: « il y a rapport entre la fréquence prédominante du cerveau à un moment donné, l’état physiologique et le comportement de la personne » à ce même moment.

Les ondes Bêta sont les plus rapides, avec les plus courtes longueurs d’onde.
Elles sont dominantes lorsque nous sommes bien éveillés, lorsque nous résolvons un problème, lorsque nous faisons plusieurs choses à la fois. En ondes Bêta, on est sensible au stress, à l’anxiété, à la peur.

Les ondes alpha sont dominantes lorsque nous sommes calmes et détendus, mais cependant conscients du monde extérieurs. « C’est dans cet état de vigilance détendue que nous sommes le plus réceptifs à l’information, où la mémoire à long terme est la plus accessible ». Le stress disparaît progressivement. « Cet état facilite l’inspiration, l’assimilation rapide des faits et l’amélioration de la mémoire ». On peut l’atteindre par les techniques de respiration ou de relaxation. Les formations en développement personnel font travailler les participants en onde alpha, car c’est lorsqu’elles sont dominantes que l’on peut travailler sur soi, implanter des idées positives, se donner des buts.

Mentionnons aussi les ondes Thêta, de la détente profonde ou du rêve pendant le sommeil, et les ondes Delta, du sommeil profond.

Retenons de ce chapitre que « nous pouvons absorber des informations plus vite et mieux lorsque les ondes Alpha sont prédominantes ». Moralité, pour bien apprendre, rien ne sert de se tendre dans l’effort! Au contraire, c’est de la détente que viendra la facilité d’apprendre!

Or, continue Bruno Hourst, la musique favorise justement cette détente: elle détend le corps, calme la respiration, nous met dans un état de réception optimale. La musique semble également favoriser la connexion entre les deux hémisphères cérébraux.

 

Toute la musique?

Non, il s’agit des musiques à la fois harmonieuses et d’une construction complexe. La personne se met en harmonie avec la musique qu’elle écoute. Favorise les apprentissages une musique qui détend, qui crée un environnement émotionnel positif et chaleureux, qui stimule l’émotion et la réflexion. On évitera donc le heavy metal et le hard rock comme support à l’apprentissage. L’apprenant ou le formateur désirant utiliser la musique pendant la formation – privilégieront avantageusement Mozart, Bach, Brahms, la musique baroque (Corelli, Albinoni, Vivaldi), Haendel.. brefs, les compositeurs romantiques, classiques, baroques.

Bruno Hourst identifie même des compositeurs adaptés aux facultés que l’on souhaite développer: concentration, créativité, confiance en soi, sortir de l’ennui…

Il n’est pas interdit d’essayer d’autres compositeurs! Pour ma part, je trouve que Ludovico Einaudi (cf fin d’article) stimule à la fois mon attention et ma créativité!

En formation, on peut utiliser la musique en début de formation et pendant les temps de réflexion personnelle et d’appropriation des participants. On peut également l’utiliser pour soutenir un travail collectif, en adaptant le choix de la musique à l’activité. Le son doit être réglé de manière à être audible sans devenir trop prégnant. La musique ne doit pas être un bruit de fonds continu, mais un soutien utilisé dans des moments bien identifiés.

Lorsque l’on apprend seul, on peut écouter de la musique avant de se mettre au travail, en faisant un exercice de relaxation par exemple, afin de se mettre dans de bonnes conditions. Pour mémoriser, on peut se réciter un contenu sur une mélodie, selon un rythme donné: la mémorisation en sera facilitée.

Pour aller plus loin: la lecture de l’ouvrage de Bruno Hourst est chaudement recommandée! Voir aussi les travaux d’Alfred Tomatis, qui ont démontré l’efficacité de la musique pour remédier à de nombreux troubles, y compris à des échecs scolaires (Les Troubles Scolaires, 1988 Ergo Press. L’oreille et le langage, 1991,Seuil).

 

Les musiques et leurs effets

 

Chant grégorien : basé sur les rythmes de la respiration, il donne une impression d’espace. Excellent pour travailler, se concentrer, méditer, il atténue le stress.

 

Baroque : les mouvements lents de Bach, Haendel ou bien Corelli donnent une sensation de stabilité, d’ordre, de sécurité et créent un environnement stimulant pour les travaux intellectuels.

 

Classique : la transparence et la clarté de compositeurs tels que Haydn ou Mozart améliorent la concentration, la mémoire et la perception spatiale.

 

Romantique : c’est la musique la plus chargée émotionnellement (Chopin, Liszt, Wagner) car elle recouvre toute la gamme des sentiments, de la plus grande tristesse à l’exaltation mystique.

 

Jazz, blues : les multiples formes « classiques » du jazz peuvent évoquer, comme la musique romantique, toutes les émotions humaines, mais elles ont un impact plus tonifiant sur l’organisme.

 

Rock : certaines formes « classiques » du rock stimulent les passions, d’autres relâchent les tensions intérieures. C’est la musique dont les effets divergent le plus d’une personne à l’autre.

 

Heavy metal, punk, grunge… : ces musiques, généralement écoutées très fort, affectent directement le système nerveux en sollicitant de manière excessive les tympans et les nerfs auditifs. D’où des réactions physiologiques immédiates telles que l’augmentation des battements cardiaques, de la respiration, de la tension, etc.

 

Techno : la pulsation et la fréquence de la basse rythmique qui sous-tend toute la techno dite « commerciale » évoquent les battements cardiaques. Plongé dans une ambiance techno, l’organisme est contraint de s’adapter à ce rythme, et ces fréquences modifient celles du cerveau. Ce qui provoque, à la longue, comme un « état de transe ». Les spécialistes de la médecine énergétique chinoise affirment que cette musique perturbe très gravement le « qi ancestral », c’est-à-dire l’énergie qui nous relie à nos vies passées et futures.

 

Sacrée : orientales, occidentales traditionnelles ou modernes, toutes les musiques sacrées ont la particularité de distendre le temps et l’espace et de faire passer le cerveau en « ondes alpha ». C’est pourquoi elles sont propices non seulement à l’éveil spirituel mais aussi à la relaxation et à la réduction des douleurs.

 

Article tiré de :

Des musiques pour apprendre

Un cerveau mélomane

 

Musique de Ludovico Einaudi

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