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Importance de l’éducation corpo­relle

Posted by admin on 27 juin 2014 in Bien apprendre |

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Pour que le développement du corps soit l’une des conditions de l’apprentissage, L’EPS, trop sou­vent centré sur la performance, ne suffit pas : il faut une autre ap­proche plus fondamentale : l’éducation corpo­relle, qui permettra à l’enfant de modifier ses relations à l’environnement.

 

Quels objectifs pour une éducation corporelle ?

développer les capacités percep­tives, pour permettre les prises d’informations qui permettront à l’enfant d’agir sur l’environnement.

On pourrait penser que le développe­ment des sens se fait naturellement. C’était partiellement vrai autrefois. Mais nous savons bien que les enfants issus des H.L.M, les petits campa­gnards même, rivés de plus en plus devant le petit écran, les uns et les autres bousculés par la course perma­nente des parents, bénéficient de moins en moins des expériences natu­relles qui développent ces capacités. Ecouter, sentir, ressentir, goûter et même regarder… sont des compétences dont il faut prendre conscience et qu’il faut développer.

 

développer les capacités d’expression et de communication

 » Il en va du corps comme du langage : un corps expressif est un corps chargé de vocabulaire dont on maî­trise le sens et la profondeur. Un sujet auquel on aura permis de vivre des actions très diversifiées avec le souci de l’éveiller aux sensations nées de l’action, aura plus de moyens pour fonctionner parce qu’il aura un pouvoir d’autorégulation ».

Béatrice Foucteau

Se connaître, maîtriser son comporte­ment corporel, savoir adapter son comportement au milieu, s' »autoréguler », sont les bases d’une expression libre et consciente si im­portante pour les enfants et les adultes. Les sciences de la communi­cation accordent une grande place au corps, au geste et à son effet sur l’autre.

 

– offrir le pouvoir de l’action

Agir sur le milieu, sur les êtres ou sur les objets (sur le monde). Cette capacité dé­coule bien-sûr des deux précédentes, mais on pourrait en ajouter d’autres, plus fonction­nelles, comme courir, sauter, grim­per, attaquer et se dé­fendre, lan­cer… sans oublier les capacités de motricité fine (utiles aux apprentis­sages « intellectuels » comme tracer, décou­per, coller…) qui font partie éga­lement, même si on les développe aussi à d’autres moments, de l’éducation corporelle.

 

Il parait donc souhaitable, à chaque fois que les conditions le permet­tent, d’emmener les enfants hors l’école, dans la campagne, dans la forêt, dans les parcs des villes même (à condition qu’on ait le droit de marcher ailleurs que dans les allées !) pour qu’ils apprennent à connaître et utiliser toutes les ressources de leur corps. Les en­fants redécouvri­ront, pour peu qu’on le leur per­mette, nombre d’activités naturelles.

Toutes les écoles ne bénéficient pas de la proximité de ces terrains d’aventure naturels. Faute de mieux, et les enseignants de ville le savent bien, on peut mettre en place des parcours artificiels.

Lorsqu’on voit alors ces enfants (qu’on amène en voiture jusqu’au por­tail) re­découvrir les gestes fonda­mentaux, on se dit que ce n’est pas du temps perdu…

 

Citons, parmi les autres lieux per­mettant une éducation corporelle : la piscine, la patinoire, la cour de l’école même, qui offre souvent des possibilités insoupçonnées et inuti­lisées (odeurs, bruits, obstacles, …), et bien-sur les lieux de classe transplantée toujours très riches. Tout milieu inconnu des enfants leur offre de nouvelles situations d’apprentissage de leur corps.

 

La tête et les jambes

 

Les activités d’apprentissages (écriture, mathématiques, éveil…) peuvent trouver leur déclencheur par­tout, et pour cela les pratiques cor­porelles sont souvent particulière­ment propices.

Dans le témoignage qui suit, l’activité piscine, étalée sur de nombreuses séances tout au long de l’année pour cette classe de CE1, a été le prétexte, la motivation à des écrits… qui eux mêmes ont eu une influence certaine sur l’activité. Citons quelques-unes des questions-consignes proposées aux enfants, et qui leur ont permis, par la formula­tion de leurs réponses, de s’approprier l’activité physique, les possiblités et problèmes corporels et même psychiques, et par là même de les dépasser :

 

Séance 1 : que pensez-vous de la pis­cine ?

Séance 2 : choix de phrases (du genre : j’ai peur dans l’eau, j’ai un peu peur dans l’eau, j’ai très peur dans l’eau, je n’ai pas peur dans l’eau)

Séance 3 : mon meilleur moment et mon plus mauvais moment à la piscine.

Séance 7 : ce que j’aimerais faire à la piscine.

Séance 11 : ce que je ressens à la piscine : mes sentiments, ce que j’éprouve.

Séance 20 : quelles sont les qualités nécessaires pour nager ? »

Les textes libres, mais aussi les textes écrits d’après « question-consigne » et les nombreux dessins montrent bien que le l’éducation du corps et celle de l’esprit sont inti­mement liées parce que complémen­taires.

 

En conclusion

 

« Pour apprendre à penser, il faut donc exercer nos membres, nos sens, nos organes, qui sont les instruments de notre intelligence ; et pour tirer tout le parti possible de ces instru­ments, il faut que le corps qui les fournit soit robuste et sain. Ainsi, bien que la véritable raison de l’homme se forme indépendamment du corps, c’est la bonne constitution du corps qui rend les opérations de l’esprit faciles et sûres.

Les premières facultés qui se forment et se perfectionnent en nous sont les sens. Ce sont donc les premières qu’il faudrait cultiver… »

 

Non, il ne s’agit pas de la conclu­sion d’une thèse d’un chercheur en Sciences de l’Education contemporain, ni du discours d’un Docteur en méde­cine. Cet écrit visionnaire a plus de deux cents ans, puisque c’est un ex­trait de « L’Emile » de J.J Rousseau.

Dès ses débuts, C. Freinet avait, parmi ses objectifs prioritaires la santé de l’enfant, le respect de ses rythmes biologiques et réclamait, dans les pages de la revue « L’éducateur prolé­tarien » une poli­tique du travail, de l’exercice et du sport ».

 

Heureusement le besoin de mouvement des enfants et la nécessité d’une éducation physique sont aujourd’hui reconnus, au moins dans les textes:

« Le besoin de mouvement est fondamen­tal, aussi indispensable que de res­pirer, et l’écolier qui supporte ai­sément le régime scolaire actuel qui exige de sa part des heures d’immobilité est anormal. Le besoin de mouvement est partiellement satis­fait par des exercices d’éducation physique contrôlés. Mais il lui faut aussi des moments d’activité libre et désordonnée. Les deux types d’activité sont indispensables et ne se remplacent pas l’une l’autre. »

Dr Guy Vermeil

 

 

De l’utilité de la récréation

« A l’école, il faut agitation, cri, respiration violente, activité de jeu. Cette activité un peu explosive et essentiellement libre n’est pas remplaçable par la leçon de gymnas­tique. Elle est la seule qui mette en jeu tous les muscles du corps dans un désordre utile. »

Professeur Robert Debré

 

 

Les cinq domaines d’action

Les programmes fixent les compétences fondamentales à faire acquérir et dé­finissent cinq domaines d’action dans lesquels peuvent entrer les supports d’activités :

– activités en domaine stable (gym, athlétisme…)

– activités de coopération et d’opposition (jeux collectifs)

– activités dans un rapport inter-in­dividuel d’opposition (jeux de com­bat, de raquettes…)

– activités à visée esthétique (danse, GRS…)

– activités en environnement instable (voile, piscine, ski, patinoire, es­calade…)

 

Tiré de cet article

 

 

 

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