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La compétition à l’école

Posted by admin on 26 juin 2014 in L'école aujourd'hui |

Vidéo d’Albert Jacquard

« Pour devenir moi, j’ai besoin du regard de l’autre. J’ai besoin de tisser des liens avec lui. Quand je suis en compétition, je ne tisse plus de lien…Toute compétition est un suicide…

 

Bachelard: Il faut mettre la société au service de l’école et pas l’école au service de la société  »

 

La compétition au service du fonctionnariat ou du salariat plutôt qu’à l’esprit entrepreneurial

 

Pour une partie des enfants, généralement bien préparés et accompagnés par leurs parents, cette compétition précoce génère une émulation, et même une rage de gagner. Pour une grande partie d’entre eux, elle est vécue comme une pression que l’on gère plus ou moins bien. Et pour  un tiers des enfants environ, ce challenge est perçu comme insupportable et induit malaise et perte de confiance en soi.

 

La détresse des «jeunes qui vont mal» -que répertorient quantité d’études- est souvent reliée à ce décrochage scolaire particulièrement stigmatisant dans le contexte de l’élitisme républicain. Notre système est efficace à produire une élite à la tête bien faite, sa portée est plus discutable  pour les autres enfants, la grande majorité.

Cet esprit compétitif irrigue-t-il au delà de l’école et engendre-t-il un esprit entrepreneurial chez ces promus? L’école française fonde sa sélection sur des savoirs académiques, et cet encouragement à l’abstraction et à la spéculation intellectuelle ne présage en rien des qualités à cultiver pour favoriser le goût du risque et de l’innovation nécessaire, autant de préalables à la création d’entreprise.

Les concours de la fonction publique constituent plus naturellement une voie pour les diplômés du supérieur, car ils reposent sur les mêmes règles que l’école -sélection fondée sur l’acquisition de connaissances et de modes de raisonnement.

 

Au total, compétition scolaire et esprit entrepreneurial se révèlent comme deux dynamiques bien séparées. La compétition scolaire est l’arme de l’insertion professionnelle, mais ne stimule pas l’idéal entrepreneurial. Elle incite plutôt à conquérir un statut dans un univers stable (fonction publique ou entreprise installée) et à construire une carrière à partir de lui. Elle est un outil pour trouver une protection plutôt qu’un talisman pour tenter l’aventure.

On peut même imaginer qu’après avoir passé une partie de sa jeunesse à subir des évaluations et des concours on ait envie d’avoir la paix et de jouir de sa position acquise. Enfin, quand un diplômé crée «sa boite», c’est souvent pour ne pas avoir de patron sur le dos ou pour se constituer un  emploi dans un contexte de crise plutôt que par enthousiasme pour développer une activité innovatrice ou pour faire fortune.

Ainsi l’ardeur à ouvrir une entreprise semble largement indépendante du diplôme et se révèle bien davantage reliée au contexte dans lequel on vit –beaucoup de ces créateurs ont un parent proche dans l’univers de l’entreprise— ou à des dispositions psychologiques et culturelles personnelles.

De fait, l’esprit de compétition inscrit dans le système scolaire est de l’ordre aristocratique, la compétition avec soi-même, ou la mobilisation pour se tailler du pouvoir. Elle est très éloignée d’une conception matérialiste de la compétition, celle tournée vers la création de richesses.

 

Tiré de cet article

 

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