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Une société qui sacrifie sa jeunesse, sacrifie son avenir

Posted by admin on 7 juin 2014 in L'école aujourd'hui |

 

L’heure est au questionnement intense sur l’état des lieux de l’école aujourd’hui.

Si certaines écoles de l’Education Nationale jouissent de moyens et de personnels soucieux du bien-être des élèves, l’actualité, les témoignages d’enseignants, d’élèves, de parents démontrent le réel malaise qui sévit depuis longtemps.

 

L’Education Nationale est un vieux continent. Elle garde ses vieux réflexes, elle a du mal à se réformer, les décideurs en hauts lieux sont loin des réalités du terrain.

 

Les réformes à répétitions qui ponctuent les gouvernements de droite comme de gauche épuisent les enseignants, les démobilisent, les blasent.

 

L’école publique est censée accueillir tout le monde, mais dans la réalité, les infrastructures ne le permettent pas toujours, les moyens pédagogiques et en personnels qualifiés non plus.

Le système tente de faire entrer les enfants dans des cases. On leur demande de s’adapter à l’école et non à l’école de s’adapter à eux.

 

Il y a un programme, les élèves doivent entrer dedans, on va différencier un peu, tenter de juguler les retards, faire des remédiations…

Que fera-t-on des élèves qui apprennent plus vite, qui sont précoces…

Le système songe plus aux « retardataires » qu’aux plus « avancés ».

 

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Même si le système n’est pas bon, nous y avons nos repères et plutôt que de prendre le risque de le changer et d’oser un chemin inconnu, nous persistons dans l’erreur, la reproduction, l’aveuglement.

 

Comment se fait-il par exemple que des pédagogies reconnues, évoquées dans le cursus de formation des enseignants ne soient pas plus approfondies, testées par les stagiaires lors de leur formation, illustrées par les formateurs. Montessori, Freinet… devraient être des incontournables. L’utilisation du matériel, le modèle d’organisation devraient faire partie des bases (même optionnelles) de la trousse de compétences des enseignants.

Comment se fait-il, qu’en début de carrière, nous refaisons le match, réinventons (enfin plutôt bricolons une approche de l’arène dans laquelle on va nous jeter). Il est récurent de lire, sur des forums de profs, tout le désarroi du néophyte qui se bat pour gérer la classe, le programme, l’organisation (difficulté accentuée lors de double ou triple niveau…).

 

Des spécialistes ont planché sur la question, ils ont découvert des processus, fonctionnements, matériels qui ont fait leur preuve. La recherche en psychologie sociale, cognitive a beaucoup avancé.

 

Nous savons que nous retenons peu d’un cours magistral. Pourtant la majorité des modules de ma formation d’enseignant se fait sur ce modèle. Il m’est demandé d’être un technicien de l’enseignement, mais on me forme avec une technique dépassée, inefficace. Pire, je suis jugée, notée pour des compétences qu’on ne m’apprend pas.

Learning by doing, l’apprentissage par la pratique. Dans mon expérience, ça a été me jeter dans l’arène. C’est une vision de la chose, qui a son coût sur le moral et l’estime de soi du stagiaire, et les enfants…

 

 

Personne ne se dit qu’on prend le problème à l’envers…

Pourquoi se battre pour enseigner aux élèves quand ils pourraient être performant sans effort.

J’ai le cas d’un élève dans une des écoles où j’enseigne.

Il a certes un contexte familial délicat. Mais l’école, qui l’accueille toute la journée est un lieu « stérile » pour lui. Pas parce qu’il n’est pas intelligent, ni capable. Il déambule toute la journée dans la cour, les étages. Impossible de le faire rester en classe. Il est connu des Instances académiques. Il aura « perdu » son année. L’enseignante, la Direction d’école sont-elles responsables? Elles sont dépassées. On n’expulse pas un élève du primaire, on attend le collège pour cela.

Le Rectorat pourrait déplacer le problème. Cela ne le règlerait pas.

 

En discutant avec lui, j’ai découvert qu’il est passionné de construction de cabanes dans les arbres. Il en a une chez lui, dans laquelle il joue avec son petit frère (avec qui il est prévenant dans la cour d’école), il en a construit 3 chez ses grand-parents.

Nous avons donc là un formidable « spécimen » de constructeur en herbe, dévalorisé, dénigré par le système.

 

Imaginons une école où il aurait pu exposer son savoir à ses camarades. L’extraordinaire plus-value pour lui, en terme d’estime de soi, de reconnaissance des pairs, de valorisation par l’expertise là où habituellement il est catalogué « difficile ». Quant aux bénéfices pour l’école…

 

Que deviennent tous ces enfants laissés pour compte. Ils auront à se battre pour reconstruire une estime de soi abîmée, trouver la voie dans laquelle s’épanouir, prendre le temps de s’écouter sur ce qui est bon ou pas pour eux. Le système décidera pour beaucoup d’entre eux. Combien s’en émanciperont.

 

Nous n’avons pas pour priorité de révéler le potentiel de l’élève, de prendre le temps dont il a besoin pour s’affirmer, se connaître, développer les compétences dans ce qui lui correspond. Nous continuons de faire entrer des ronds dans des carrés. Pour ceux qui entrent, très bien, les autres…

 

Prenons soin de nos jeunes, accordons l’attention, la patience, les outils qu’ils sont en droit d’attendre, nous récolteront l’attention, la patience, les outils qu’ils seront en devoir de redistribuer.

Pour une société plus responsable, citoyenne et respectueuse de chacun.

 

« Le but de la vie est le développement personnel. Parvenir à une parfaite réalisation de sa nature, c’est pour cela que nous sommes tous ici ».
Oscar WILDE

 

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