web analytics
0

Bâtisseur de bonheur: Une école pour la paix

Posted by admin on 15 mai 2015 in Bâtisseurs de bonheur |

 

une ecole pour la paix

 

Je vous propose de faire connaissance avec Grégory, professeur des écoles en maternelle, qui a créé la page Facebook Une école pour la paix après les attentats de janvier..

Profbienveillant vous partage avec plaisir une interview avec un professionnel très impliqué au niveau local (dans l’associatif notamment) et dont la volonté de faire évoluer la bienveillance en éducation n’est pas qu’une idée.

 

 

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté dans l’exercice de votre métier ?

J’enseigne en école maternelle. Nous travaillons constamment dans le bruit, surtout que les classes sont inadaptées et trop petites, car les enfants souvent sujets à de la nervosité, de l’agitation et des comportements agressifs. Cela peut s’expliquer par une certaine inadéquation entre les contenus d’enseignement et les attentes des élèves ou des difficultés à suivre un programme trop exigeant pour les enfants en difficulté. Les méthodes d’enseignement qui se pratiquent à l’Education nationale ne permettent pas aux enfants d’avancer à leur rythme. Il y a aussi nos modes de vie qui ont changé : les enfants ont moins l’occasion de jouer dehors, on leur laisse souvent moins d’autonomie à la maison, ils sont souvent stressés par un mode de vie trépidant, certains se couchent tard, etc.

Tout cela génère énormément de fatigue et de stress chez les enfants, qui peuvent se manifester par des poches sous les yeux, des bâillements, des nœuds à l’estomac et des maux de tête.

Mais les enfants ne sont pas les seuls à souffrir de toute cette agitation et de tout ce bruit. Les adultes prennent sur eux et continuent à exercer leur métier malgré tout, sans toujours prêter attention à la fatigue nerveuse que cela crée chez eux… jusqu’au jour où certains finissent par craquer. C’est du moins ce qui m’est arrivé en janvier 2013. A partir de là, je me suis dit qu’il fallait avoir une approche bienveillante et placer l’humain plutôt que les contenus au cœur du travail proposé.

Quelle définition pourriez-vous donner de votre profession ?

L’enseignant est un facilitateur qui doit permettre à l’enfant de s’épanouir et d’apprendre dans les meilleures conditions possibles.

Quelles améliorations votre travail apporte-t-il ?

J’essaie d’aider les enfants à mieux se comprendre et mieux se cerner par la communication non violente, le yoga et la pleine conscience.

Je les amène à identifier quels sont leurs centres d’intérêt principaux et les domaines dans lesquels ils se sentent le plus à l’aise en leur laissant le choix d’une bonne partie des activités.

Je les aide aussi à trouver la méthode d’apprentissage qui leur convient le mieux en diversifiant les approches pédagogiques.

Comment en êtes-vous arrivé à ce métier ? Qu’est-ce qui vous a motivé ?

Je n’ai jamais trouvé le moindre intérêt à la production de valeurs marchandes. J’aspire à aider l’autre, à offrir un monde de paix et à permettre à chacun de trouver la place qui lui revient.

Ce n’est que récemment que j’ai pu comprendre que le fil conducteur de mon exercice du métier d’enseignant était la notion de paix et que toute ma réflexion sur ce métier portait en fait sur ce que pourrait être une école pour la paix. En janvier dernier, suite aux attentats de Charlie hebdo, j’ai eu envie de faire un pas supplémentaire dans cette réflexion en créant le groupe facebook « une école pour la paix ».

Quels conseils au quotidien pourriez-vous donner aux familles pour plus de mieux-être dans leur vie ?

Je les invite à porter un regard distancié sur la façon dont on éduque son enfant car très souvent cela permet de prendre conscience à quel point elle a été influencée par notre propre éducation…

Une fois qu’on adopte ce regard distancié, on est plus à même de voir les failles qu’il y a dans la manière d’éduquer notre enfant. Ce n’est qu’à cette condition qu’on peut changer notre mode d’éducation et développer une relation parents-enfants plus harmonieuse.

Avez-vous des conseils de lecture, de vidéos, d’auteurs, de sites internet ?

La plupart des livres déjà mentionnés dans profbienveillant (en particulier Faber et Mazlisch, Thomas Gordon et Dr Catherine Guéguen), Oui, la nature humaine est bonne d’Olivier Maurel, Parole de terre de Pierre Rabhi pour le rapport à la terre, Le jeu de peindre d’Arno Stern et Libérons la créativité de nos enfants pour la créativité, Calme et attentif comme une grenouille de Eline Snel, Un coeur tranquille et sage de Susan Kaiser Greenland et Tout est là, juste là de Jeanne Siaud-Facchin pour la pleine conscience… Le groupe « une école pour la paix » donne aussi régulièrement des conseils de lecture, de vidéos et de sites internet.

Selon vous quels sont les 3 choses les plus importantes dont un enfant, un jeune a besoin ?

Un enfant a besoin d’amour, de sécurité et de confiance.

S’il existait une école idéale selon vos aspirations comment la verriez-vous ?

Ce serait une école pour la paix, avec pour principale préoccupation de permettre aux enfants d’être en paix avec eux-mêmes, les autres et leur environnement. Une école pour la paix a été créée en vue d’aborder ces différentes dimensions, de réfléchir à ce que pourrait être une école qui construit pour la paix et, qui sait, peut-être de donner le jour à une telle école plus tard.

L’école idéale serait aussi une école de la vie, avec moins d’apprentissages académiques. Ce serait une structure qui favoriserait les apprentissages autonomes, essentiellement par la manipulation (type Montessori), et qui accorderait une plus grande part aux arts (théâtre, musique et arts plastiques) et aux travaux manuels. Les enfants ne feraient pas qu’y travailler, ils pourraient jouer et aller en récréation quand ils le souhaitent, comme à Summerhill. Ils auraient à disposition un parc où jouer, grimper dans les arbres, courir, faire du vélo, se défouler, jardiner, découvrir la nature et s’en émerveiller…

L’humain et le bien-être de l’enfant seraient au centre de tout. Les belles paroles, les objectifs posés sur le papier et les projets d’école seraient rangés dans les tiroirs. La compétition n’y aurait pas sa place et il n’y aurait pas d’autre évaluation que le sens de l’observation de l’enseignant et son bon sens dans le but d’aider chaque enfant à aller au plus fort de ses capacités. Les enfants ne seraient pas « fichés » en fonction de leurs résultats scolaires comme ils le sont aujourd’hui et ils ne se verraient pas attribuer ces étiquettes qui collent à la peau et dont il est difficile de se débarrasser (enfant perturbateur, élève en grande difficulté, etc.)

Cette école ne s’appuierait pas sur l’autorité d’un maître tout puissant. Les décisions seraient prises démocratiquement et collégialement.

Elle favoriserait une approche globale : il n’y a pas d’éducation bienveillante possible si les adultes que côtoient les enfants au quotidien ne sont pas bienveillants eux-mêmes. Cela suppose que l’école donne accès aux enseignants et aux parents à toutes formes de pratiques qui favorisent le bien-être, le rapport à la terre et un meilleur relationnel avec les autres. Les parents seraient étroitement impliqués dans la vie de l’école afin d’éviter qu’il n’y ait une césure entre l’école et la maison.

Comment y verriez-vous les adultes (enseignants et encadrants) ?

Les adultes n’y seraient pas les détenteurs du savoir, mais de simples guides qui aideraient les enfants à s’orienter dans leur parcours, à entretenir leur curiosité, à découvrir des activités leur permettant de développer de nouvelles compétences, à aller à la recherche des informations et à avoir un regard critique sur ces informations.

Si un pas pouvait être engagé pour plus de mieux-être à l’école actuelle, que préconiseriez-vous ?

Je proposerais moins d’évaluation, moins de temps passé en classe et plus de temps passé en extérieur.

Je favoriserais une façon de s’adresser à l’enfant qui souligne plus le positif que le négatif.

J’accorderais plus de liberté dans le choix des activités et dans la durée que l’enfant veut bien y accorder. Je donnerais aussi plus de place au jeu et aux activités favorisant l’épanouissement personnel (travaux manuels, disciplines artistiques et sportives).

Comment prendre contact avec vous ? Où exercez-vous ?

J’exerce en Normandie dans une classe de Grande section. Vous pouvez me rejoindre sur la page Facebook d’Une école pour la paix et voir certaines de mes contributions sur une page dédiée du blog profbienveillant.

Étiquettes : ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © 2014-2017 Prof bienveillant All rights reserved.
This site is using the Desk Mess Mirrored theme, v2.5, from BuyNowShop.com.