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Bâtisseur de bonheur : Giracoli

Posted by admin on 11 juin 2015 in Bâtisseurs de bonheur |

 

giracoli

 

Je vous propose de faire connaissance avec Cathy Van Dorslaer, formatrice en gestion positive des conflits, auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes et créatrice du blog Giracoli et de sa page facebook.

Profbienveillant vous partage avec plaisir l’interview d’une professionnelle enthousiaste et inspirante.

 

giracoli

Quelles sont les difficultés auxquelles sont confrontés  les parents, les jeunes qui viennent vous voir ?

Je suis contactée principalement par des équipes éducatives : écoles maternelles, primaires, secondaires – centre d’hébergement ouverts ou fermés qui accueillent des enfants ou des adolescents retirés de leur famille – associations qui proposent des activités (stages, ateliers, écoles des devoirs) dans des quartiers défavorisés

Tous ces acteurs de terrain souhaitent recevoir une aide au niveau de la gestion de la violence et des conflits : une explication à l’augmentation de la violence, des conflits, du harcèlement. Mais surtout des outils concrets utilisables dans les classes avec leur public, au sein de l’établissement tout entier.

Il m’arrive de plus en plus souvent également d’être amenée à travailler avec des parents qui se sentent démunis dans la gestion des relations et des conflits avec et entre leurs enfants.

Quelle définition pourriez-vous donner de votre profession ?

J’ai deux professions. La moitié de la semaine, je suis enseignante (Français, Histoire, Religion) dans une école professionnelle de Namur.

L’autre moitié de la semaine, je suis formatrice en gestion positive des conflits. Pour définir ce que je fais, je dirais que « j’apprends à être girafe » !

Je m’explique. La girafe est l’animal symbolique que Marshal Rosenberg (fondateur de la Communication Non Violente, décédé en avril) utilisait. Voici pourquoi il avait choisi cet animal et voici pourquoi je le lie à ma démarche professionnelle.

La girafe est le mammifère non aquatique qui a le plus gros cœur. Ce qui illustre son empathie. C’est ma première façon d’intervenir. J’écoute les participants évoquer leur vécu, sans jugement, et je les aide à mettre des mots sur leurs émotions, leurs ressentis.

La girafe, bien qu’elle ait ses quatre pattes bien plantées au sol, est capable, grâce à son long cou, à prendre de la distance, à voir loin, à anticiper, à mieux comprendre une situation. C’est également une démarche que je préconise et que j’enseigne. Au-delà de faits qui surviennent, il y a des causes organisationnelles, institutionnelles, dues à la dynamique d’un groupe ou d’une équipe, à l’évolution d’une école,… Le savoir et le comprendre aide à gérer plus sereinement les situations et à mettre des dispositifs en place pour éviter qu’elles se reproduisent.

Enfin, la girafe utilise spontanément les principes de la Communication Non Violente pour s’exprimer ou pour tenter de comprendre ce qui motive le comportement de l’autre, en évitant les jugements et les interprétations, en parlant de ses sentiments, de ses besoins et en proposant des solutions pour sortir du conflit. C’est principalement ce que j’enseigne aux enfants, aux adolescents et aux adultes qui les encadrent. Se calmer, décrire objectivement une situation, évoquer les émotions et les sentiments que cette situation suscite, identifier le besoin fondamental qui est ou n’est pas satisfait et formuler une demande pour le satisfaire. J’utilise pour cela toute une série d’activités (jeux, chants, marionnettes, histoires,…) qui initient progressivement à cette démarche et qui permettent d’être capables de négocier ou de mener une médiation pour des pairs en conflit.

Quelles améliorations votre méthode, votre travail apporte-t-elle (il) ?

Au terme de mes interventions, les conflits et la violence diminuent de façon certaine. La cohésion au sein des classes et de l’équipe est renforcée. Le pessimisme fait place à un regard plus positif et apaisé. Il y a souvent un nouvel élan d’énergie, des projets mis en place.

Comment en êtes-vous arrivé à ce métier ? Qu’est-ce qui vous a motivé ?

Après dix ans d’enseignement dans des classes du professionnel dites « difficiles », j’étais en recherche d’outils et d’explications. J’ai repris des études à horaire décalé (Licence en politiques et pratiques de formation d’adultes).

Au terme de ces études, j’ai été contactée par l’Université de Paix (ASBL qui donne des formations en gestion positive des conflits) qui cherchait une détachée pédagogique. J’y ai travaillé pendant 5 ans : j’y ai été formée, j’y ai donné des formations et j’ai participé à la mise sur pieds du programme « Graines de médiateurs » et à l’écriture du premier ouvrage à ce sujet. Ce projet ne cesse de me passionner depuis bientôt 15 ans !

Je suis ensuite retournée dans mon école (à mi-temps) pour y appliquer (avec succès) les méthodes de l’Université de Paix, tout en continuant à collaborer (l’autre mi-temps) avec elle et à donner des formations.

Le programme « Graines de médiateurs » prenant de l’ampleur et manquant petit à petit de nouvelles activités à proposer, j’ai écrit « Graines de médiateurs II » et j’implante –ainsi que les formateurs de l’Université de Paix- le programme dans de nombreuses écoles.

Je suis à chaque fois émerveillée par les résultats obtenus et je rêve que ces apprentissages soient diffusés partout, qu’ils fassent partie de la formation initiale des enseignants, des éducateurs.

C’est pour répondre à ce souhait que j’ai créé le site « gira-coli » qui met à disposition des outils de gestion des conflits et de la violence. C’est peu de choses – il y a heureusement beaucoup de belles initiatives qui vont également dans ce sens – mais je suis très heureuse chaque fois qu’une personne (que je ne connais pas, qui habite parfois à l’autre bout de la terre) m’envoie un message pour me dire qu’elle utilise les outils de gira-coli.

Quels conseils au quotidien pourriez-vous donner aux familles pour plus de mieux-être dans leur vie ?

Moins courir, moins d’activités qui s’enchainent, moins d’obligations.

Davantage prendre le temps de se poser, de s’écouter, de se parler, de se comprendre, de négocier, de se réconcilier, de rire, de jouer, de se sentir bien, … en décidant d’instaurer des moments quotidiens, routiniers et rituels qui permettent de le faire

Un trajet en voiture pour revenir de l’école peut être l’occasion que chacun raconte sa journée

Une collation de quatre heures prise autour d’une table et suivie d’un petit jeu peut permettre de se calmer, d’être serein, avant d’aborder les devoirs et les leçons

Un bon vieux jeu de société accessible à tous, la confection ensemble d’un gâteau, d’un bricolage… Des moments où le stress, la compétition, l’horaire surchargé, les dictats de la société de consommation n’auront pas leur place.

 

Avez-vous des conseils de lecture, de vidéos, d’auteurs, de sites internet ?

Sur mon site www.gira-coli.be, dans chaque rubrique (pour les adultes/pour les 6-12 ans/pour les petits/pour les ados), une sous-rubrique « bibliographie » est accessible. J’ y renseigne de nombreux ouvrages qui m’ont plu et inspirée.

Selon vous quelles sont les 3 choses les plus importantes dont un enfant, un jeune ait besoin ?

Amour : se sentir aimé, c’est-à-dire écouté, entendu, compris, reconnu même en cas de période difficile

Sécurité : un cadre de conduite qui lui a été clairement exprimé, la certitude d’un accompagnement confiant et aimant tout au long de son parcours (même si celui-ci est parfois cahotique)

Estime de soi : ne jamais l’amener à douter de lui, l’encourager, l’aider à se trouver des aspects positifs, l’aider à trouver des solutions en cas de difficultés

S’il existait une école idéale selon vos aspirations comment la verriez-vous ?

Ce serait une école qui prônerait les trois éléments que je viens de citer ci-dessus : de la bienveillance, des règles claires et cohérentes, un souci permanent de préserver leur estime de soi.

Je serai bientôt au terme de ma carrière d’enseignante et je trouve parfois que l’école est davantage un lieu de destruction de l’enfant et du jeune qu’un lieu d’épanouissement.

Je suis convaincue qu’il serait possible de faire progresser tous les enfants et adolescents, qu’ils pourraient avoir accès à davantage de savoirs et de compétences, s’ils se sentaient aimés et reconnus et si leur estime de soi n’était pas si rapidement détruite.

Mais il serait injuste d’imputer à l’école seule (ou aux parents) les manques ou les disfonctionnements. La société, la politique, l’économie sont également responsables de la difficulté des enfants et des adolescents à trouver une place qui corresponde à leurs besoins et à leurs capacités.

 

Comment y verriez-vous les adultes (enseignants et encadrants) ?

Ils devraient être formés pour pouvoir garantir un encadrement et un suivi bienveillant, pour user d’une autorité adéquate, pour préserver la confiance en soi de chacun.

Les enseignants font tous de leur mieux mais les exigences quotidiennes sont stressantes, usantes et ils n’ont pas reçu tous les outils nécessaires (au niveau des apprentissages, de la gestion des relations,…)

Si un pas pouvait être engagé pour plus de mieux-être à l’école actuelle, que préconiseriez-vous ?

Un tout premier pas pourrait être de veiller au bien-être des équipes éducatives : temps de partages, de discussions, de cohésion, d’écoute sans jugement des difficultés vécues, de recherche collective de solutions créatives et innovantes, d’entraide, de soutien, de convivialité, de détente

Les équipes les plus efficaces que j’ai rencontrées sont celles qui se sont donné ce temps.

Comment prendre contact avec vous ? Où exercez-vous ?

Cathy Van Dorslaer – 32496 80 50 56 – cathy@gira-coli.be

Je donne des formations partout en Belgique francophone.

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